L’art de sublimer votre quotidien avec la marqueterie de paille

Le Disque Japan

Découvrez cette pièce unique, crée spécialement pour le Concours de UMOF Marqueterie.
Disque Japan en marqueterie de paille

La phase de recherche

Voilà la toute première Pièce Signature, le disque Japan ! Crée pour le Concours UMOF dont l’article est juste ici.

C’est une œuvre unique qui m’a demandé beaucoup de technicité et de patienceElle représente une vue d’au-dessus d’une branche de sakura et d’une carpe koi. J’aime la culture japonaise depuis des années et m’en inspire régulièrement dans mon travail de marqueteuse de paille.

Cette réalisation m’a donc permis de laisser libre cours à ma créativité dans ce projet. Le design vient de mon imagination, mais je me suis inspirée de photos prises au Japon. Un de mes proches a visité ce pays il y a quelques années et j’ai cherché des images sur internet.

Pour bien démarrer ce projet, j’ai commencé par des croquis du disque avec les couleurs, les formes, les motifs, etc. aux crayons de couleur. Cette étape cruciale et créative m’a permis d’évaluer la cohérence et d’avoir un avant-goût du résultat final de mon projet.

Une fois le design prêt, j’ai choisi les couleurs de paille parmi celles disponibles chez le fournisseur. J’ai prévu d’utiliser à la fois des techniques que je maîtrise parfaitement. Et une que j’allais découvrir en expérimentant dans ce travail.

J’ai commencé à chercher des fleurs de sakura et une branche pour me permettre d’avoir une base propre et de modifier certains éléments. Pour la carpe koï, je l’ai dessinée moi-même. Je l’ai imprimée et décalée à la taille du disque pour voir le rendu final à taille réelle.

Une fois l’étape préparatoire finie, la partie productive et créative a pu démarrer de suite. Pour commencer, j’ai pris les quantités de pailles colorées en adéquation avec le motif de chevrons.

Quelle que soit la technique choisie, la base est d’ouvrir les brins de paille de seigle en deux un par un, puis de les aplatir au plioir.

Pour un travail propre et beau, il faut ensuite trier les brins tachés, cassés ou abîmés. Cela permet de sélectionner les meilleurs soit pour une couleur uniforme, soit pour créer un dégradé de couleur selon le résultat visuel souhaité.

Pour finir, il faut les coller un à un sur le support en recoupant chaque côté à la forme souhaitée au scalpel. J’utilise le plioir pour écraser et coller le brin par le geste répétitif.

Paille bleu 2- Les Marqueteries de Nath

Les techniques

J’ai utilisé trois techniques différentes, mais toutes celles-ci ont une base commune qui est de coller brin par brin, côte à côte. 

La première est la plus simple, c’est aussi la technique classique : le collage directement sur le support. Je l’ai utilisée pour les vagues bleues en y incrustant de fins filets bleu foncé entre chaque vague. 

Pour donner l’effet d’eau, j’ai d’abord pensé à des chevrons classiques droits, mais après mûre réflexion sur le choix esthétique. J’ai préféré des chevrons courbés, en forme de vague et sans angle précis pour donner cette impression d’eau mouvante, indomptable.

La deuxième technique est celle des “aplats”. Elle a pour principe d’être d’abord faite sur une feuille de papier kraft, millimétrée ou même de soie au lieu d’être collée directement sur le support. J’ai choisi cette méthode pour faire la branche avec les fleurs de sakura, y compris les pistils

Ensuite, j’ai placé les aplats sous une presse de relieur pendant quelques heures pour que la colle sèche et adhère entre la paille et le papier kraftUne fois les aplats secs, j’ai commencé par découper l’aplat de la branche avant de la placer sur le disque pour tracer son emplacement et continuer les vagues. Cette étape me permet de l’incruster précisément et d’économiser de la paille qui aurait été inutilisable pour la suite.

Une fois les fleurs faites, je les ai aussi placées sur le disque pour les tracer au scalpel sur la paille bleue. Cela me permet d’enlever l’excédent de paille pour les incruster directement. 

La dernière technique, que j’ai pris le temps d’apprendre afin de l’utiliser pour cette création, est la marqueterie colombienne dite “Enchapado en Tamo” (Placages Tamo). C’est une technique qui vient de la région Nariño en Colombie.

Le principe reste le même que pour les autres techniques. Mais la paille est découpée en de très fins brins de moins d’un millimètre d’épaisseur et est souvent collée directement sur le support, ou sur du papier de soie.

Cette méthode a plusieurs variantes de collage ; je vous recommande d’aller voir la vidéo de Nativos.

Les artisans colombiens utilisent de la paille de blé, de riz ou plus souvent de l’orge, ce qui est différent de chez nous, où la paille de seigle est la plus utilisée. Ici, je suis venue coller directement de fines lamelles rouges en suivant les courbes de la carpe koï.

Au fur et à mesure, je terminais progressivement les vagues tout en positionnant la carpe koï. Cela m’a permis d’appliquer la même méthode que les fleurs de sakura. Tout en économisant des chutes inutiles, en obtenant un dégradé de couleurs harmonieux et en assurant une incrustation précise de cet élément.

Une fois la création terminée, j’ai pris le temps de la nettoyer avec un chiffon doux et de l’eau. J’ai aussi fait quelques retouches, en particulier recollé de petits morceaux de paille qui n’avaient pas assez adhéré à la colle et au support.

En attendant de trouver ou de fabriquer un cadre sur mesure, j’ai appliqué de la peinture noire mate sur le chant et l’arrière pour un rendu plus propre et contrasté.

La fabrication en vidéo

Je vous invite à visionner la vidéo présentant toutes les étapes de fabrication du disque Japan. Au total, cette pièce m’a demandé l’équivalent d’une semaine de travail, répartie sur trois semaines. Je devais jongler entre le dossier et la création, et rien que la carpe koï m’a pris cinq heures de réalisation.

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Crédit musique libre de droits : « Changes » & « Interplanetary Forest » de Meydän

Crédit montage vidéo : 35 GOAT Vidéo